Au sommaire de cette semaine :
IntermĂ©diĂ©s đšâđŠŻââĄïž : Youtube rapproche marques et crĂ©ateurs
BiographiĂ© đŹ : Jean-François Bizot, entrepreneur des mĂ©dias
âł Temps de lecture : 9 min 16 sec
âłïž Le groupe WhatsApp du Wrap Up est disponible ici : News, sondages et coulisses, câest lĂ que ça se passe :
IntermĂ©diĂ©s đšâđŠŻââĄïž : Youtube rapproche marques et crĂ©ateurs
âł : 1 min 42 sec
YouTube a longtemps laissĂ© ses crĂ©ateurs se dĂ©brouiller avec une rĂšgle simple : produisez dâabord, faites des vues, et nous vous reverserons une partie de la publicitĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e.
La plateforme se rend compte des limites de ce modĂšle : elle souhaite dĂ©sormais aider certains crĂ©ateurs Ă financer leurs projets avant mĂȘme leur lancement, en les mettant directement face aux annonceurs.
Autrement dit, YouTube se rapproche du bon vieux mĂ©tier dâune chaĂźne TV : vendre des programmes avant leur diffusion avec des marques autour de la table.
Le cas Kareem Rahma rĂ©sume bien le virage. Connu pour Subway Takes sur Instagram et TikTok, il a ajoutĂ© YouTube Ă sa distribution lâan dernier.
La plateforme lâa rapidement accompagnĂ©, puis lâa encouragĂ© Ă dĂ©velopper Keep the Meter Running, une sĂ©rie plus ambitieuse dans laquelle il interviewe des chauffeurs de taxi new-yorkais. ProblĂšme classique : les bonnes idĂ©es coĂ»tent cher, surtout quand elles impliquent des voyages internationaux. RĂ©ponse de YouTube : mais rencontre donc nos annonceurs !
Cette semaine, Rahma Ă©tait invitĂ© au Brandcast de YouTube au Lincoln Center, grande messe annuelle pour sĂ©duire les plus gros annonceurs amĂ©ricains. Il a pu pitcher son Ă©mission directement aux marques. Il nâĂ©tait pas seul :
YouTube a aussi mis en avant des projets portĂ©s par Trevor Noah, Alex Cooper, Brittany Broski ou dâautres crĂ©ateurs, avec une approche beaucoup plus accompagnement premium que le simple partage de revenus ex-post.
La raison est assez claire : YouTube domine le streaming aux Ătats-Unis, devant Netflix, Disney+ et consorts, mais ses concurrents commencent Ă venir chasser sur âsonâ territoire.
Netflix signe Ms. Rachel, Mark Rober et leurs podcasts vidéo.
Amazon Prime Video récupÚre MrBeast, les frÚres Kelce ou Oprah Winfrey.
Les plateformes historiques du streaming ont admis que le nouveau prime time se fabrique désormais aussi dans les studios des créateurs.
La différence de modÚle reste majeure :
Netflix ou Amazon paient la plupart du temps dâavance, mais rĂ©cupĂšrent la propriĂ©tĂ© ou le contrĂŽle des programmes.
YouTube paie trÚs rarement upfront, mais laisse les créateurs garder leur indépendance et monétiser selon la performance.
La nouvelle stratĂ©gie semble donc consister Ă ajouter une couche de financement pub, sans casser lâADN ouvert de la plateforme.
YouTube bichonne également ses talents par le prestige : avant-premiÚres tapis rouge, campagnes Emmy, affiches géantes, événements dédiés.
Sean Evans, lâanimateur de Hot Ones (reprise en France par Kyan Khojandi sur Canal), raconte avoir vu son visage sur des panneaux Ă Times Square et Sunset Boulevard. Brittany Broski parle, elle, dâargent rĂ©investi dans les dĂ©cors, les auteurs, la production.
La creator economy entre dans son Ăąge tĂ©lĂ©visuel. Les crĂ©ateurs veulent rester indĂ©pendants, mais avec des budgets de producteurs. Les plateformes veulent rester ouvertes, mais avec les rĂ©flexes des networks. YouTube ne se contente plus dâhĂ©berger la nouvelle tĂ©lĂ©vision. Il commence Ă en commercialiser la grille.
đ§ Si vous prĂ©fĂ©rez Ă©couter la version audio de cette newsletter, essayez cette semaine en đ«đ· avec de beaux efforts de synthĂšse de la variĂ©tĂ© des sujets Ă©voquĂ©s :
HumanisĂ© đ : le web reste encore un peu humain
âł : 1 min 43 sec
La grande submersion annoncĂ©e nâa pas (encore) eu lieu. Depuis lâarrivĂ©e de ChatGPT en novembre 2022, les textes gĂ©nĂ©rĂ©s par IA ont bien envahi le web. Mais lâinvasion semble avoir trouvĂ© (temporairement ?) son plafond. Selon une analyse de Graphite, une agence de marketing digital, la part des articles en ligne principalement gĂ©nĂ©rĂ©s par IA stagne depuis plus dâun an autour de 50%.
Le chiffre reste spectaculaire : lâIA Ă©crit dĂ©sormais Ă peu prĂšs autant dâarticles que les humains. Mais cette observation contredit le scĂ©nario le plus anxiogĂšne, celui dâun web entiĂšrement recouvert par une mousse de contenus synthĂ©tiques, recyclĂ©s, optimisĂ©s et vaguement informatifs, comme un LinkedIn infini sans pauses cafĂ© (repris il y a quelques mois par la phrase âWeb is Deadâ).
La progression a pourtant Ă©tĂ© brutale. Un an aprĂšs le lancement de ChatGPT, les articles majoritairement gĂ©nĂ©rĂ©s par IA reprĂ©sentaient 36% des nouveaux contenus publiĂ©s en ligne. Deux ans aprĂšs, ils atteignaient 48%. Puis, depuis dĂ©but 2025, la courbe sâest stabilisĂ©e autour de la moitiĂ© des nouveaux articles.
Graphite a travaillĂ© sur un Ă©chantillon de 55 400 URL anglophones issues de Common Crawl, lâune des grandes archives publiques du web, trĂšs utilisĂ©e pour la recherche et lâentraĂźnement des modĂšles dâIA. Les pages retenues faisaient au moins 100 mots, avaient Ă©tĂ© publiĂ©es entre janvier 2020 et mars 2026, et Ă©taient classĂ©es comme articles ou listicles. Elles ont ensuite Ă©tĂ© analysĂ©es par trois outils de dĂ©tection : Pangram, GPTZero et Copyleaks.
La mesure reste Ă©videmment imparfaite. Dâabord parce que dĂ©tecter du texte IA est une science molle avec des habits de laboratoire. Ensuite parce que la frontiĂšre entre humain et machine est devenue floue. Un article peut ĂȘtre pensĂ© par un humain, structurĂ© par ChatGPT, réécrit Ă la main, corrigĂ© par un autre outil, puis publiĂ© sous une signature humaine.
à partir de quel moment devient-il un contenu IA ? Graphite classe un article comme principalement généré par IA lorsque la majorité du texte est détectée comme écrite ou assistée par IA.
Lâenjeu nâest pas seulement Ă©ditorial. Il touche Ă la qualitĂ© future du web, donc Ă la qualitĂ© des IA elles-mĂȘmes. Les modĂšles sont puissants parce quâils ont Ă©tĂ© entraĂźnĂ©s sur des contenus produits avant eux, par des humains. Si le web devient un miroir de textes gĂ©nĂ©rĂ©s par les modĂšles eux-mĂȘmes (ce quâon appelle les donnĂ©es synthĂ©tiques), le risque est celui dâune boucle de rĂ©troaction : lâIA apprendrait de lâIA, dans une photocopie de photocopie, et qui se dĂ©graderait au fil de lâeau.
Pour lâinstant, le web nâa pas Ă©tĂ© entiĂšrement avalĂ©. Mais il est dĂ©jĂ coupĂ© en deux. Dâun cĂŽtĂ©, lâĂ©criture humaine. De lâautre, une production industrielle qui devient assez bonne pour brouiller les pistes. Le vrai sujet nâest donc plus seulement de savoir qui Ă©crit. Câest de savoir qui apporte encore de la nouveautĂ©.
TrafiquĂ©s đ€ : les influenceurs endorsent les politiques
âł : 2 min 10 sec
On lâavait dĂ©jĂ bien vu avec la campagne de Donald Trump qui sâĂ©tait massivement dĂ©portĂ© sur le digital et les Ă©changes avec les influenceurs.
Moins visible quâun spot TV, plus intime quâun tract, plus difficile Ă tracer quâun achat mĂ©dia classique. Et surtout beaucoup plus efficace pour toucher les jeunes Ă©lecteurs qui ne regardent plus les pubs de campagne entre deux rediffusions de chaĂźnes dâinfo.
Le cas Carlos Eduardo Espina que dĂ©crit le New York Times, donne une photographie assez nette. Influenceur progressiste texan, avec 14,5 millions dâabonnĂ©s sur TikTok, il a apportĂ© son soutien Ă Tom Steyer, milliardaire dĂ©mocrate candidat au poste de gouverneur de Californie.
Dans ses vidĂ©os, Espina explique croire Ă la diffĂ©rence quâapportera Steyer Ă ce poste. Ce quâil ne prĂ©cise pas dans ses dizaines de publications pro-Steyer sur TikTok, Instagram ou Threads : la campagne du milliardaire lui a versĂ© 100 000 dollarsâŠ
Dans les documents financiers de campagne, la somme apparaĂźt sous une formule trĂšs propre : âconseil stratĂ©gique et relais de campagneâ. Espina, lui, affirme ne pas ĂȘtre payĂ© pour poster, mais pour âconseiller la campagne sur les sujets latinosâ. Belle nuance de juriste ou pirouette dâinfluenceur pris la main dans le pot de confiture, câest selon.
Le problĂšme de lâengagement des crĂ©ateurs dans les campagnes politiques dĂ©passe largement ce simple cas :
Démocrates et Républicains dépensent désormais des millions dans ce type de communication, sans que le public sache toujours qui paie quoi.
La FEC, chargĂ©e de surveiller les dĂ©penses Ă©lectorales, considĂšre que ses rĂšgles sur la publicitĂ© politique traditionnelle ne sâappliquent pas vraiment aux rĂ©seaux sociaux.
La FTC impose bien aux influenceurs de signaler les contenus rémunérés pour des produits commerciaux, mais pas pour des messages politiques.
Résultat : le bon vieux retour du far west, mais avec des anneaux lumineux et des briefs de communication comme les affectionnent les influenceurs.
La Californie et le Texas ont cependant adoptĂ© en 2024 des rĂšgles imposant davantage de transparence. En Californie, deux influenceurs soutenant Xavier Becerra, autre candidat dĂ©mocrate, ont mĂȘme dĂ©posĂ© plainte contre la campagne Steyer, lâaccusant dâavoir rĂ©munĂ©rĂ© âpeut-ĂȘtre des dizainesâ dâinfluenceurs sans mentions lĂ©gales adĂ©quates.
La campagne rejette les accusations, tout en ajoutant discrÚtement à une offre de mission à 1 000 dollars par mois que les créateurs devront inclure des avertissements dans leurs vidéos.
Dâautres exemples montrent lâampleur du phĂ©nomĂšne : promotion dâintĂ©rĂȘts pro-IsraĂ«l, lobbying contre des lois sur lâIA, dĂ©fense des sodas sucrĂ©s, attaques coordonnĂ©es contre des candidats. Certaines agences apparaissent dans les comptes publics, comme Creator Grid, qui a reçu prĂšs de 875 000 dollars dâorganisations rĂ©publicaines depuis fin 2023. Mais une grande partie de lâargent passe par des associations Ă but non lucratif qui nâont pas les mĂȘmes obligations de transparence et de publications de comptes.
La politique, et tout particuliĂšrement la politique US, a toujours payĂ© des porte-voix (les fameux âI am Barrack Obama and I Approve This Messageâ). La nouveautĂ©, câest que ces porte-voix se prĂ©sentent Ă prĂ©sent comme des amis, des militants spontanĂ©s ou des crĂ©ateurs indĂ©pendants. Et quand lâopinion publique devient un placement mĂ©dia dĂ©guisĂ©, la dĂ©mocratie dĂ©couvre une vieille vĂ©ritĂ© avec un nouveau filtre TikTok : la propagande marche toujours mieux quand elle nâa pas lâair dâen ĂȘtre.
La France devrait en thĂ©orie rester Ă lâabri de ce genre de dĂ©rives, dâune part avec le capping des comptes de campagne et dâautre part la perpĂ©tuation de lâinterdiction de la publicitĂ© politique (sauf en affichage sauvage ?), reste Ă voir si la zone grise de lâinfluenceur ne va pas faire rentrer la politique française dans une nouvelle phase de communication.
CovisionnĂ©s đŻ : Les Watch Parties gagnent du terrain
âł : 1 min 33 sec
Les âwatch partiesâ sortent du stade. Longtemps rĂ©servĂ©es aux matchs de foot et aux grandes compĂ©titions sportives, Le Figaro observe que ces retransmissions collectives de programmes tĂ©lĂ© deviennent un outil dâanimation trĂšs sĂ©rieux pour les bars, food courts, salles de spectacle et autres lieux hybrides.
Eurovision, Star Academy, Drag Race, Top Chef, Secret Story, Danse avec les stars, Stranger Things, défilés de mode, tout devient prétexte à transformer un programme de canapé en événement public.
Ă Paris, Merci Marsha, bar gay du XIĂšme, prĂ©pare sa finale de lâEurovision avec cocktails, grilles de notation et grand bain pop.
MĂȘme logique au Workshow, dans le IIIĂšme, avec deux Ă©crans gĂ©ants, DJ set et promesse de communion musicale intergĂ©nĂ©rationnelle. LâEurovision reste le rendez-vous annuel naturel, mĂȘme quand lâĂ©dition 2026 se charge politiquement avec les boycotts liĂ©s Ă la prĂ©sence dâIsraĂ«l par plusieurs pays. Cependant, le format dĂ©passe dĂ©sormais largement le folklore Ă paillettes.
Pour les lieux, lâintĂ©rĂȘt est simple : faire venir, faire rester, faire consommer.
La Felicita, qui peut accueillir jusquâĂ 1 500 personnes, y voit une maniĂšre dâanimer un lieu de vie et de toucher plusieurs publics.
Boom Boom Villette parle dâexpĂ©rience collective et immersive.
eSpot, grand centre de gaming rue de Rivoli, utilise ces soirĂ©es pour attirer au-delĂ des gamers habituels. Son espace restauration passe dâune quarantaine de places en configuration classique Ă jusquâĂ 200 personnes lors de ces Ă©vĂ©nements. Le panier moyen tourne entre 10 et 15 euros par personne. LâentrĂ©e est parfois payante, comme Ă la Bellevilloise avec 7,99 euros boisson incluse pour un match de Championsâ League comme Bayern vs. PSG, mais beaucoup misent sur la gratuitĂ©, nĂ©anmoins avec inscription prĂ©alable et consommations prĂ©payĂ©es.
Le deuxiĂšme moteur, ce sont les crĂ©ateurs de contenus. Ils apportent leur communautĂ©, leur Ă©nergie, leur capacitĂ© de mobilisation, parfois gratuitement. Rhomin Guilhem, spĂ©cialisĂ© dans les sĂ©ries TV, a organisĂ© des watch parties Star Academy chez eSpot, avec des participants venus de Marseille et Bruxelles. Pour lui, câest un outil de fidĂ©lisation, de visibilitĂ© et une scĂšne dâentraĂźnement comme animateur.
Leyna, TikTokeuse sĂ©ries aux 787 000 abonnĂ©s, a organisĂ© une soirĂ©e autour de LâĂ©tĂ© oĂč je suis devenue jolie (une sĂ©rie sur Amazon), avec cocktails, goodies, t-shirts, tote bags et bijoux. Dâautres ont montĂ© des projections Stranger Things avec quiz, performances et doublage.
La tĂ©lĂ©vision dont on vantait le fait quâelle alimentait la conversation autour de la machine Ă cafĂ©, redevient donc collective, mais par la porte latĂ©rale : bars, influenceurs, goodies, guest-stars et validation des ayants droit.
Le vieux prime time se recycle en événementiel communautaire. La télécommande est morte, vive la buvette.
BiographiĂ© đŹ : Jean-François Bizot, entrepreneur des mĂ©dias
âł : 1 min 52 sec
Jean-François Bizot reste lâun de ces personnages dont on a vaguement entendu dans les annĂ©es 80 et 90 et quâon rĂ©sume difficilement : fondateur du mythique magazine de la contre-culture Actuel et de la non moins mythique Radio Nova.
Bizot est un hĂ©ritier, dâune dynastie de la chimie, et il nâaura de cesse sa vie durant de se faire pardonner son passĂ© honteux quand on se veut moderne et de gauche.
PassĂ© par lâExpress, il se nourrit aprĂšs mai 68 de la contre-culture californienne, il en revient avec une intuition simple : ce quâil a vu lĂ -bas ne mĂ©rite pas seulement un papier. Il mĂ©rite carrĂ©ment un journal.
Ce sera donc Actuel. Un organe de presse psychĂ©dĂ©lique, libertaire, relativement bordĂ©lique mais exigeant, qui capte ce qui agite lâunderground parisien et mondial avec des thĂšmes avant coureur : les âcommunautĂ©sâ, lâĂ©cologie, les radios libres, les drogues, lâamour libre, les nouvelles musiques quâon appelle pas encore World Music.
Bizot veut tout voir, tout mettre à jour, il réunit autour de lui une bande de journalistes, écrivains et agitateurs, avec leurs surnoms, leurs rites, leurs blagues internes (Michel Antoine Burnier, Patrick Rambaud ou Bernard Kouchner y prendront part à des degrés divers).
Bizot aura tout du chef de tribu. Insomniaque, curieux jusquâĂ lâĂ©puisement, patron gĂ©nĂ©reux et un brin tyrannique, il attire les talents autant quâil les consume. Il transforme son hĂŽtel particulier familial de Saint-Maur-des-FossĂ©s Ă mi chemin de la salle de rĂ©daction et du squat.
Bizot a surtout des antennes : il sent venir les bascules avant quâelles soient visibles. Actuel ouvre ses antennes Ă la contre-culture mondiale, publie des entretiens avec Philip K. Dick, Burroughs ou Bukowski, repĂšre les premiers frĂ©missements du rap, capte les musiques africaines (Bizot sillonnera le continent), puis prolonge donc lâaventure avec Radio Nova, lancĂ©e en 1981 comme radio dâavant-garde.
LĂ encore, il met Ă lâantenne une nouvelle gĂ©nĂ©ration : Vandel, Karl ZĂ©ro, Edouard Baer, Ariel Wizman, Jamel Debbouze, TaddeĂŻ et quelques autres passĂ©s par cette Ă©cole du joyeux bordel, autant de talents qui Ă©choueront par la suite chez le Canal de De Greef.
NimbĂ© de cette lĂ©gende, il y a aussi les failles. PĂšre absent, patron possessif, homme de nuit volage, usĂ© par lâalcool, la coke, lâhĂ©roĂŻne, les amphĂ©tamines et les somnifĂšres. Un homme qui ne supporte pas la solitude et que la fĂȘte permanente finira par dĂ©truire.
Jâai lu Vif argent de Mariel Primois Bizot, qui donne le regard admiratif de la femme fidĂšle sur son Grand Homme quand Bizot sâaffichait volontiers inconstant : lâangle quâelle y dĂ©veloppe est de retranscrire les passions et les idĂ©es qui ont animĂ© ce trublion de lâanarcho-gauchisme, avec cette idĂ©e que jâen retiens car elle est mal comprise aujourdâhui : la contre-culture (terme quâil rĂ©cusait) a tentĂ© de vivre contre lâEtat, de montrer que tout pouvait prospĂ©rer en se passant de son approbation. Cette idĂ©e et les projets de Bizot auront du mal Ă survivre une fois que la Gauche sera effectivement au pouvoir et voudra rĂ©cupĂ©rer ces mouvements pour forger sa politique culturelle et les Ă©volutions sociĂ©tales quâelle accompagnera.








il est si cool ce récap !